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« Ignorer la valeur de la nature, c'est ne pas la reconnaître »Anne Stenger, économiste (Laboratoire d'Économie Forestière), Bernard Amiaud, agro-écologue (Laboratoire Agronomie et Environnement), et Jean Carsignol, ingénieur-écologue (CETE de l'Est), étaient tous les trois réunis en décembre 2010 pour discuter en public du poids de la biodiversité dans les décisions d’aménagement du territoire.
Si l'agriculture reconnaît de plus en plus l'utilité de la biodiversité en terme de diversité, de remédiation aux pesticides et de rendement, qu'en est-il de sa valeur marchande ? Le propos de l'économiste est de reconnaître les services rendus par la nature afin de lui donner un prix, donc une existence sur le marché. De prime abord, penser la nature en terme de marché pourrait conduire à son achat et à sa destruction dans des projets d'aménagement du territoire aux enjeux économiques colossaux. Mais lui donner une valeur c'est aussi la faire exister pour la préserver. Car il n'est pas rare de voir des infrastructures ignorer la valeur des espèces qui préexistent sous leurs tracés. Évaluer, qualifier et mesurer la biodiversité dans un projet permet de mettre en place des mesures d'évitement pour en réduire l'impact.
Basée sur la question « Seriez-vous prêts à payer quelque chose et combien, pour conserver cette espèce ? », une enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 4500 ménages, a donné une valeur à la biodiversité en forêt. 55€ par an et par ménage, c'est le prix moyen certes subjectif, qui a été établi en fonction du revenu, de l'âge des personnes interrogées et de leur comportement vis à vis de l'environement. Faudra-t-il un jour payer pour se balader en forêt ? C’est sans compter l’intervention de Patrick Baranger, chargé de Mission CST des universités lorraines, faisant le parallèle avec l’économie de la connaissance et s’interrogeant en ces termes « Cette conférence est gratuite… n’en a-t-elle pour autant aucune valeur ? »