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La cueillette dans les forêts tropicales : impacts socio économiquesEn Afrique subsaharienne, 15 millions de personnes vivent de la collecte des produits forestiers autre que le bois. Ce sont les populations défavorisées et en particulier les femmes qui remplissent cette tâche, alimentant un réseau commercial difficile à cerner.
Daniel Épron, professeur à l'UHP est revenu, lors de la Conf'Curieuse du mois de mars 2011, sur une étude impliquant l'Université de Brazzaville et l'UHP : la gestion durable des produits forestiers non-ligneux dans le bassin du Congo. Plantes médicinales, épices, fruits, fibres, graines mais aussi gibier, insectes, larves et miel... les produits récoltés sont variés. S'ils servent à la consommation propre des cueilleurs, leur apportant compléments alimentaires, épices et fibres se substituant aux produits manufacturés, ils sont surtout à la source d'un revenu important pour les ménages. Le Gnetum africanum, une liane, est l'espèce forestière la plus consommée. Sur les marchés de Brazzaville et Pointe-Noire, une enquête socio-économique auprès des cueilleurs, grossistes et détaillants, a révélé qu'elle p e r m e t t r a i t de générer un revenu annuel de 3 000 000 €, un chiffre très certainement sous-estimé.
L'évolution des circuits de commercialisation due à la concentration des populations dans les centres urbains, ainsi que la mondialisation de l'économie, entrainent une érosion de la diversité des produits forestiers non-ligneux ainsi qu'une raréfaction due aux forts prélèvements dans le milieu naturel. Face à celà, la création de réserves naturelles empêche leur utilisation par les populations locales. L'étude et la connaissance des modes d'exploitation des produits forestiers non-ligneux est primordiale pour réfléchir à une stratégie économique favorisant leur régénération.
Femme Pygmée triant ses feuilles de Gnetum en vue de les vendre à un collecteur. (© Épron)